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4. Covid-19 Les nouvelles formes familiales

Mis à jour : juin 5



La crise sanitaire pose la question de l’identification des membres de la famille.

Le remplissage, obligatoire en cas de contamination au coronavirus, de papiers officiels demandant d’indiquer les membres de la famille a mis en évidence le décalage entre la famille « réelle », composée des personnes qui habitent sous un même toit et la famille liée par des liens de parenté. Cette problématique a été observée à de nombreuses reprises chez les ménages cohabitants comprenant un parent séparé, son (sa) nouvel(le) partenaire et leurs enfants. Même si aucune solution concrète n’a été proposée pour résoudre ce problème, la crise du coronavirus a été l’occasion d’une prise de conscience par l’administration publique de la nécessité d’inclure les nouvelles configurations familiales « réelles et plus complexes » dans les documents officiels, dont les catégories actuelles ne correspondent plus au contexte social.


Allemagne

Une directive a été élaborée pour réglementer les contacts entre les parents séparés et leurs enfants pendant la pandémie de coronavirus. Le bureau de la protection de la jeunesse de Friedrichshain-Kreuzberg a recommandé aux ex-partenaires de ne pas modifier les temps de garde, afin de ne pas déstabiliser davantage les enfants. En raison de la fermeture des lieux d’accueil et des établissements scolaires, les enfants ont déjà perdu une structure sociale importante et doivent donc être rassurés sur la continuité de leur quotidien, au moins dans l’environnement familial proche, selon le bureau de la protection de la jeunesse.

Suisse

La presse suisse relève que le Covid-19 bouscule les habitudes des familles séparées en garde partagée, qui craignent que les enfants soient un vecteur de transmission de la maladie. Certains parents choisissent de modifier le planning de la répartition de la garde des enfants en faveur de plus longues périodes chez l’un ou l’autre des parents, ce qui peut raviver certaines tensions, lorsque les temps de garde avaient fait l’objet de négociations difficiles auparavant. Certains psychologues interviewés indiquent que si la tentation existe chez certains parents en litige d’invoquer un manque de respect des mesures d’hygiène et de protection chez l’ex-conjoint(e) pour justifier de vouloir garder l’enfant de manière exclusive, il ne faut pas perdre de vue que le changement de domicile de l’enfant permet aussi de faire baisser les tensions du confinement et d’apporter un peu d’air à chaque parent en alternance. Le Conseil Fédéral n’a pas donné de recommandations aux familles séparées en garde partagée et a respecté la liberté laissée à chacune d’inventer ou de réinventer son propre modèle.

La crise sanitaire, par la question du traçage des fréquentations des personnes, donne une actualité forte à la question des nouvelles configurations familiales et à l’analyse de réseau. Elle souligne la nécessite de penser les familles à la fois à travers des liens de sang, mais aussi de proximité et de logement.

Dans ce type d’analyse, les enfants se retrouvent au centre de la configuration et leurs déplacements mettent en lien des ménages séparés. Restreindre ou modifier les changements de domicile des enfants, même en cas de pandémie, est si inscrit dans leur quotidien, qu’il s’agit d’une option difficilement envisageable par les psychologues.


L’Observatoire des familles de l’Université de Genève a décidé d’étudier les conséquences du confinement sur la vie des familles et les mesures prises par plusieurs Etats pour les soutenir dans leur vie quotidienne. Cette étude exploratoire se fait à travers l’analyse de la presse de huit pays européens (Allemagne, Angleterre, France, Italie, Pays-Bas, Russie, Suède et Suisse)

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