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1. Covid-19 La scolarisation des enfants à domicile

Mis à jour : mai 18




Suite à l’adoption des mesures de confinement, les enfants sont confrontés à l'enseignement à domicile dans presque tous les pays européens, néanmoins toutes les familles ne peuvent pas offrir aux enfants un environnement scolaire adapté à la maison.




  • La presse néerlandaise remarque que certains enfants n'ont pas accès aux outils éducatifs nécessaires à l'enseignement à domicile, tels que des ordinateurs portables.

  • Le problème étant similaire en France, des demandes de matériel informatique ont été transmises directement par certaines municipalités à des fabricants comme Microsoft dans le but de le distribuer ensuite aux familles défavorisées.

  • En Suisse, le président de la FAMCO (Fédération genevoise des associations d'enseignants du cycle d'orientation) a soulevé la question du matériel mais aussi de la capacité des élèves à se motiver à apprendre seul dans certains contextes. Il craint qu'un écart ne se creuse entre les élèves avancés et les plus faibles, qui manquent, non seulement de matériel, mais aussi d'autonomie. Pour l'instant, il semble que seuls les meilleurs élèves progressent creusant ainsi le fossé éducatif entre les élèves.

La rapidité de diffusion du coronavirus a surpris les responsables de l’éducation en Europe, qui ont improvisé la mise en place d’outils pédagogiques à distance.

  • En Suisse, les enseignants se sentent souvent insuffisamment encadrés dans le suivi des élèves par vidéoconférence et des mesures sont prises au cas par cas pour soutenir les élèves.

  • Aux Pays-Bas, les municipalités, les organisations et le ministère de l'éducation, de la culture et de la science investissent pour fournir des outils pédagogiques.

En attendant, plusieurs pays européens se demandent si la réduction des vacances d'été ne serait pas une option pour rattraper le programme éducatif en général, option qui n’a pas été retenue dans notre pays.


En Allemagne et en Suisse, le débat s'est rapidement ouvert sur la question de savoir qui est responsable de l’éducation scolaire des enfants et dans quelle mesure les parents peuvent assumer le rôle d'enseignant. La presse s’est faite l’écho des plaintes des parents, qui se sentent dépassés par le volume de travail ou la complexité des tâches à accomplir par leurs enfants. Chaque enseignant utilisant sa propre méthode, la compréhension des parents n’a pas été facilitée. Les parents citent le manque de temps, de matériel informatique et de compétences. Toujours en Allemagne et en Suisse, on se demande si l'éducation des enfants et la garde des plus jeunes relèvent de la responsabilité de l'État ou si elles sont désormais du ressort des parents.

La Suède a suivi une politique différente en maintenant les écoles ouvertes, tout en autorisant les élèves à ne pas venir et les parents à rester à la maison pour s’occuper de leurs enfants. Si les écoles se sont à moitié vidées les premiers temps, elles ont rapidement retrouvé leurs effectifs, les parents suédois estimant que les enfants ne sont pas le moteur de la propagation du virus et souhaitant poursuivre leurs activités professionnelles et autres.


La fermeture des écoles a eu aussi des conséquences importantes sur les enfants des familles les plus vulnérables en termes de santé :

  • Les médias au Royaume-Uni et en France rapportent que les enfants de familles pauvres, dépendantes des services sociaux, ne reçoivent plus maintenant que les écoles sont fermées, le repas chaud qui leur était offert aux cuisines scolaires.

  • D'autres ont carrément disparu des radars. Les médias néerlandais remarquent que quelques enseignants ont perdu le contact avec certains étudiants depuis le début de la période d'enseignement à distance.

Le rôle social de l’école a aussi été interrompu au détriment principalement des enfants les plus défavorisés :

  • Comme mesure de soutien à ces derniers, le Royaume-Uni a décidé de maintenir uniquement ouvertes les « écoles spéciales » qui accueillent les « enfants à problèmes », c'est-à-dire ceux qui ont été exclus des écoles publiques et qui trouvent dans les institutions scolaires un lieu sûr, à l’abri des gangs et d’autres violences parfois familiales.

  • Aux Pays-Bas, les écoles accueillent toujours les enfants dont l'environnement familial est considéré problématique, ainsi que les enfants dont les parents ont un emploi jugé « vital ». Les médias néerlandais écrivent que certains jeunes, malgré les mesures prises, sont toujours dans la rue et à La Haye, quelques-uns sont maintenant activement sollicités pour participer en tant que bénévoles à un projet d'emballage de repas.

La fermeture hâtive des établissements scolaires, motivée par une vraie urgence sanitaire, a mis en évidence le rôle central que joue l’école auprès des enfants et des jeunes :

  • Moteur du principe de l’égalité des chances, le creusement des inégalités entre les enfants des familles défavorisées et les autres apparaît après quelques semaines d’interruption.

  • L’école, en plus d’être un lieu fondamental de sociabilisation pour les plus jeunes, offre aussi protection en cas de violences dans l’environnement et des mesures de soutien à la santé à travers ses cuisines scolaires.

La crise du Covid-19 a mis aussi en lumière les limites de l’enseignement à distance. Si celui-ci, peut offrir des alternatives valables en cas de nécessité, il doit être structuré et planifié afin qu’il ne nécessite pas le support extensif des parents eux-mêmes pris dans leurs propres obligations.

Même en cas de crise, l’éducation scolaire reste du domaine de l’Etat et non de celui des familles, ainsi que la possibilité de faire garder les plus jeunes si les parents le souhaitent.

Dans ce sens, la réouverture le 11 mai prochain, en Suisse, des écoles primaires et des crèches, puis du secondaire ultérieurement, même dans le cadre d’horaires restreints, paraît indispensable.


L’Observatoire des familles de l’Université de Genève étudie les conséquences du confinement sur la vie des familles et les mesures prises par plusieurs Etats pour les soutenir dans leur vie quotidienne. Cette étude exploratoire se fait à travers l’analyse de la presse de huit pays européens (Allemagne, Angleterre, France, Italie, Pays-Bas, Russie, Suède et Suisse)..

Observatoire des familles, 7 mai 2020

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